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2006
FRANCE
2007
CORSE

SARDAIGNE

TUNISIE
La Grande Mosquée. Construite à partir de 670 ap. J.-C., soit 33 ans après la mort du prophète Mahomet, cette mosquée marquait le cœur de la ville circulaire de Kairouan, quatrième ville sainte du monde musulman. Le premier aspect est la dureté du plan et son unité de couleur. Magnifique du contraste de simplicité féroce et militaire à l'extérieur et de l'élégance et la paix de la cour intérieure augmentée de la richesse décorative abstraite sous les arcades et dans les salles. Décidement, l'art religieux est le seul a produire tant de prouesses… et les religions tant de méfaits.

Beni KhiarBeni KhiarBeni KhiarBeni KhiarBeni KhiarBeni Khiar
Zaouïra de Sidi Abib el-Ghariani. En parcourant les ruelles de la medina, les touristes que nous sommes se font abordés par les chalands. Sauf Marie-F que l'on prévient de ne pas se faire embarquer par un rabatteur. A peine cette mise en garde prononcée, un homme grand, élancé, bien de sa personne nous aborde — surtout la blonde Annick — pour nous inviter à la visite de ce mausolée d'un compagnon du prophète.


Beni Khiar
et la Mosquée du Barbier pour le plaisir des yeux.
Beni Khiar
Palais du Bey. L'autre lieu dans lequel notre "guide" veut nous conduire est le palais du Bey où, comme à Tunis, l'on présente les productions de tapis. La visite du lieu doit se faire rapidement pour que le "client" (pigeon ?) soit installé pour la présentation et, surtout, l'achat. Échaudés, notre résistance est vigoureuse, arguant de l'absence de maison et de la dangerosité du produit à bord. Nous serons alors remerciés et poussés dehors, ce que nous ferons en traînant les yeux et l'appareil dans ce lieu luxuriant. Et, comme partout, le président Ali toujours présent.

Beni Khiar

SICILE

GRÈCE

TURQUIE
2008

GRÈCE

TURQUIE

GRÈCE

TURQUIE
samedi 18 novembre
Samedi 18 novembre 2006. 9 heures le matin. C'est la première navigation du bateau. Les deux réservoirs sont remplis d'eau et les batteries sont chargées à bloc. À la sortie de Port-Camargue, il faut faire le plein de gas-oil (75 litres). Passé les phares d'entrée, Marie-France, Gérard Bouvier (commandant marine marchande) et Pierre mettent le bateau vent debout pour hisser la grand'voile puis le génois. Brouillard et très peu de vent. Fraîcheur. 2,5 kts (nœuds) au loch (compteur de vitesse), autrement dit on se traîne. Une toute petite heure à cette allure histoire de contempler le navire dans son état réel de voilier.

..............................................
On enroule le génois et démarre le moteur. 2000 tours, 6 kts. Nous ferons tout le trajet au ronronnement du VolvoPenta jusqu'à La Ciotat faute de vent mais sous un ciel clair et en évitant les troncs d'arbres déversés par le Rhône. On en profite pour prendre en main toute l'électronique du bord: pilote, radar, GPS, etc., faire des règlages techniques et sentir la barre très réactive. Marie-F s'amarine doucement. Arrivée à 23 h sous les projecteurs de fête à La Ciotat après 72 mn parcourus. Un peu déçus par le vent absent mais heureux. Un peu irréel.


19 novembre

10 décembre
De La Ciotat à Porquerolles, premier trajet en couple, au portant (vent presque à l'arrière). Pas de photo tellement on était concentrés et heureux. Puis quatre jours au port de l'île que nous avons mis à profit pour marcher parmi les eucalyptus, les arbousiers, les pins, le calandulat, etc., et de nombreuses plantes odorantes. Un couple d'anglo-américains comme voisins de pont nous ont séduit par leur amabilité et convivialité (étonnant chez ces gens-là !).




Mardi, on part de Porquerolles pour ralier Cavalaire — marina moderne sans intérêt juste avant Saint-Tropez. Le trajet se fait vent dans le nez ce qui nous oblige à tirer des bords. Dès le lendemain matin, direction Antibes malheureusement au moteur, aucun souffle d'air n'ayant daigné nous accompagner et soutenir. Par contre, couverts seulement d'un pull fin et le pilote électrique travaillant à la place du barreur, journée de lecture, policière pour MarieF et des cartes et autres manuels pour le chef de bord. Au chantier Tréhard à Antibes où nous avons rejoint des amis, le RM reçoit un franc succès parce que de taille humaine.

12 décembre
Un mois nous a été nécessaire pour, calmement, aménager de nombreux détails sur les conseils très pertinents de Jean-François: depuis le renforcement de la grand'voile jusqu'au rajout d'une plaque d'inox proche du guindau en passant par les protections des jauges et du loch et moulte autres petits aménagements comme le taud, sac à écoute de grand'voile, etc. Des sorties dans la baie d'Antibes jusqu'aux îles Leirins furent nécessaires pour des tests de voile (dont la trinquette enfin reçue), de mouillage, d'électronique, de chariot de génois, de prise de ris... et de soleil, de lumière, d'air et bien d'autres joies.


Dans le chantier, le bateau a subit des regards, des visites, des voisins gendarmes, des compagnons immenses, de la poussière, du bruit… et des lumières étonnantes… ainsi que des participations tant de Didier que de Michel — qui font parti de l'équipe des pros du lieu.

Un petit tour en Anjou pour la Noël.

MarieF n'a pas résisté à la cueillette de mimosa sur une colline réputée de Grasse. Confitures et liqueurs d'orange et de citron préparées par Pascale ont participé à l'avitaillement de bord.

17 janvier
L'arrivée sur Calvi. Nuages et un peu de pluie mais lumières superbes. En équipage à trois — avec François D. —, nous avons levé les amarres d'Antibes la veille vers midi. Petit vent d'ouest/sud-O jusqu'à la tombée du jour, puis quasiment rien, donc moteur. On monte le lancer acheté juste avant le départ, on laisse traîner et… une heure plus tard un thon rouge de 4-5 kg est vidé. MarieF le prépare sur nos instances mais s'en trouve barbouillée. Nous, on se régale.
Quelques lumières de navires dans la nuit sans lune. À 30 nm des côtes, François, de quart, aperçoit le phare de Calvi droit devant. Bonne nav' !

Calvi. Comme annoncé, la vie hivernale y est nonchalante, les paysages superbes, les habitants affables et, du moins au début, le temps doux sous un soleil calme. Grimpette à un oratoire qui domine trois baies sous un fort vent. Un office à saint Antoine en polyphonie corse, et exclusivement mâle, nous émeut ; il fut suivit d'une procession dans la citadelle à la cathédrale et distribution de petits pains bénis.
Des connaissances à quai, dont Alain Schlesser ancien pilote moto, nous rappelle à la convivialité marine qui, parfois, peut arborer son âme baba-cool. Peut-être partirons-nous, lors d'une acalmie, avec nos nouveaux voisins sardes.
1er février
Les prévisions météo clémentes nous ont incités à descendre la côte ouest de la Corse. Le petit temps, c'est-à-dire vent faible et mer très calme, nous a obligé à trouver un refuge pour la nuit. Le mouillage à proximité de la plage de gros sable, à Galéria, a démontré les surprises de l'air qui s'inverse de 180° en quelques heures : de nez au large, le bateau s'est orienté face à la grève. Le vent qui descend des vallées, bien frais, est un réveil-matin sans scrupule, surtout sans chauffage. Route plus au sud dès le lever du jour. Des caps, des golfes, des plages, des tours génoises, la ligne à la traîne, pendant quelques heures.

Girolata. Au fond du golfe qui porte son nom, cet ensemble de quelques maisons, érigées par d'anciens soixantehuitard(e)s à la recherche d'isolement, est une petite merveille que les génois avaient déjà sus apprécier. Ravitaillés par mer, l'afflut estival pose problème ; mais c'est aussi leur revenu. Nous passons une soirée à bord avec le constructeur et propriétaire du bateau blanc, basé sur les plans de forme du RM, Franck 40 ans, qui, a vingt ans, seul, a voguer de Corse à Hokkaïdo au nord du Japon à bord d'un 7,50 m en 6 ans. Nous retournerons le lendemain sur Calvi.
4 février
En compagnie d'un autre bateau, légèrement plus petit, nous redescendrons dès le lendemain pour Cargèse. Avec Alain Schlesser à bord, nous essaierons vainement de pêcher. Soirée animée par l'alcool et par un petit parrain corse fort épris de femmes mais, finalement, sympa et généreux pour les amis, les "frères". La ville est étonnante, en arc de cercle, avec ses rues parallèles et superposées, et ses deux églises : celle de droite catholique et, en face, la catholique orthodoxe grecque qui rappelle la fondation du village par une communauté chassée de son pays au XVIIe siècle. Le cimetière (sous l'église de droite) fait le délice de MarieF.

Nous descendrons sur Ajaccio le lundi, en franchissant la passe des Sanguinaires au moteur faute de vent, où nous sommes pour faire réparer la grand'voile qui a un œillet arraché par la force d'Alain. La pluie, tant attendue ici, richoche sur le pont. L'avitaillement en supermarché est indispensable mais pas des plus agréable.








21 février
Le golfe de Propriano, qui fait suite au Sud à celui d'Ajaccio, nous réserve des lumières étonnantes, changeantes en permanence par des contrastes nuageux et pluvieux sur les monts et, en face à l'Ouest, le soleil hivernal cinglant. Marches en campagne et sur la grande plage pour renouer avec la terre et ses bienfaits. Près des bains de Baraci — source naturelle à 40° à l'abandon comme son bâtiment de cure —, nous contemplons le vol d'un milan royal.
Marc Serra, le shipchandler de 80 ans, nous impressionne par son tonus et sa volubilité. Accompagné de sa fluette mais aristocratique épouse, ils viendront à bord nous parler de la Corse, de ses habitants et leurs relations, pleines de sous-entendus, avec l'administration "française".
en février
Au vent arrière. Les voiles en ciseaux ; mais le génois n'est pas tangonné (trop compliqué à mettre en place pour un bord de courte durée). Le bateau roule doucement et lA photographe de cette série peine à caler l'horizon. On aperçoit le frein de baume, mis en place de façon temporaire, réalisé avec un "8" d'escalade ; ce système évite à la baume de passer brusquement d'un bord sur l'autre lors d'un empenage malencontreux et de frapper les crânes, voire de se rompre en son centre.

23 février
L'arrivée sous les murailles de Bonifacio par 12 kts de vent. La brume ne nous a permis de voir la ville qu'une fois proche des roches calcaires. Manœuvre d'afflage des voiles par mer "peu agitée" avant d'entrer dans le goulet d'accès au port, tout au fond. Le site est superbe par son emplacement unique, mais les bâtiments du port comme ceux de la citadelle très décevants : remaniement des façades pour faire moderne, uniformisation par du ciment plus ou moins teinté, aménagements précaires pour le tourisme de masse et restes à l'abandon de casernements et d'appareils militaires contemporains. Par contre, le cimetière marin avec ses mausolées souvent blancs est très entretenu comme ceux vus ailleurs sur l'île.
Longues promenades sur les plateaux du maquis en attendant la fin du coup de vent typique de cette zone "sud-corse".

Et découvertes d'espaces longtemps intelligement exploités…

… mais aussi maltraités ou ignorés (ce qui fait aussi le plaisir/déplaisir).

Le nez en l'air (pour l'architecture et les paysages) ou à raz terre pour la faune et surtout la flore, domaine de prédilection de l'équipière. D'où un début de collection — photographique s'entend — d'orchis corse puis sardes.
Un solitaire parisien au chômage nous a aimablement véhiculé sur Porto Vecchio et la pointe extrême corse pour la vue sur les Lavezzi. Superbe.
Nous serons assez fâchés lors du départ de Bonifacio: le prix du port est prohibitif. Les 20 euros la nuitée (pour 17 annoncés) ne sont pas en rapport avec le service laissé à l'abandon: quai pourri, anneaux délabrés, bornes électriques souvent en panne comme celles de l'eau, douches froides, météo pas affichée, etc.
8 mars
Sardaigne. Porto Torres. Traverser les bouches de Bonifacio est toujours une angoisse; le vent s'y engouffre comme dans un entennoir. Nous avons bénéficié d'une jolie brise de NE par le travers qui a virée de 180° donc dans le nez. Un long bord de près pour rejoindre la côte et deux miles au moteur la nuit tombée pour entrer dans le port. Une place difficile à trouver. Nous apprendrons plus tard que c'est un port essentiellement d'hivernage.
Ce n'était pas notre destination initiale, mais nous devions accueillir nos amis Labrousse (ex-voisins de la Défourrerie). Le ferry qui les amène de Marseille requiert l'aide de deux pousseurs/remorqueurs pour accoster au quai par un coup de vent d'E (35 kts). Jolie manœuvre juste en face de la proue de notre embarcation.
De Bocé, ils rapporteront des œufs, du camembert et du champagne.
Nous passerons une journée dans ce port espérant la diminution de pression venteuse en nous préoccupant des nourritures locales (poissons, fromages, saucisson et "dolci sardi" ou douceur sardes de régal) et de connection internet (difficile pour cause d'obsession terroriste et de piratage ; sans compter la méconnaissance informatique).
Hubert apprend à MarieF la préparation des calamars.

9-11 mars
Le vent ne faiblit pas et la météo ne prédit pas d'amélioration avant trois jours. Nous prenons le train, à peine plus récent que le corse, pour Sassari, capitale de la province. Déambulation dans cette jolie ville, finalement plus grande que nous ne le pensions, aux nombreux monuments religieux et ruelles étroites, la périphérie très industrielle (usines à la campagne) et hors des circuits touristiques.


Cette partie du site est réalisée à Alghero, à bord, sous une pluie battante. Le vent monte et est prévu à force 7/8.
Hubert loue une petite Fiat Punto pour plusieurs jours et nous emmène dans l'intérieur de l'île par les petites routes tortueuses de villages en églises et sites nuragiques.
Les paysages sont très changeants : plaines herbeuses, plateaux arides, chênes lièges, volcans éteints, plissements hercyniens, grès, calcaire, schistes, tapis de narcisses naines au fort parfum, genêts en fleurs, troupeaux de moutons, veaux et vaches parfois sur la route. Les fermes isolées sont rarement habitées.

13 mars
Enfin le vent se calme. Un joli petit souffle d'Eole invite à un déplacement de quelques heures au nord-ouest de Porto Torres vers Stintino, adorable petit port niché entre des maisons basses colorées et des arbres d'où les oiseaux offrent un concert chaque matin. Nous y passerons trois jours délicieux avant le retour de nos amis vers Paris.



Photos de famille :
20 mars
Non, nous n'avons pas que du beau temps, ce qui désole MarieF. En faisant le bilan, tempête à Port-Camargue, Porquerolles, Antibes, Calvi, Ajaccio, Bonifacio, Porto Torres et maintenant le clou à force 10 Beaufort (50 kts au port!) : Alghero.



Pour arriver ici, une belle journée de navigation par la passe de Fornelli.

Pendant cette tempête, notre voisin de ponton, Italien de Milan et ingénieur en signalétique ferrovière, nous aborde pour nous proposer une excursion en voiture jusqu'à Olbia.

28 mars
La remontée au près (vent de face) sur Propriano, en Corse.
En compagnie d'un paumé français exilé sur son bateau à Alghero, nous passons une semaine «en France» pour résoudre certains détails. MarieF désirait parler avec ses enfants et Ménée sans être restreinte par le temps de communication et régler les actualités comptables avec Annie. Elle saisit l'occasion pour un rafraîchissement de chevelure, plus pratique sur un voilier.

Pierre devait résoudre quelques règlages techniques comme la tension du gréement, l'acquisition d'une radio BLU plus performante et son antenne à poser dans le pataras (ce qui l'oblige à grimper en haut du mât).
Marc B. en profite pour proposer la réalisation d'un livre de 300 pages sur l'urbanisme de trois villes françaises. A faire donc planqué dans une baie !
La re-descente sur la Sardaigne sera épique. Départ sous la bruine. D'un vent annoncé à 10 kts avec mer de 0,5 à 1,5 m, on est passé, dès les bouches de Bonifacio, à 20-25 kts de vent (pointes à 27) et mer creusée à 2,5 m. On arrive le matin à Bosa Marina après 20 h de mer difficile mais heureusement au portant. Panique rétrospective du marin féminin.
7 avril
Bosa. L'attérissage avec 20 kts de vent à Bosa Marina, après la nuit sans sommeil à tenir l'embarcation, est compliqué. Avec l'aide de pêcheurs et promeneurs nous réussissons à attraper une puis deux pendilles. Quelques éraflures et pas d'eau ni éléctricité à quai. Notre passager nous quitte. Déjeuner et sieste.

Nous repartirons le dimanche de Pâques non sans avoir goûté des pêches locales procurées par notre seul voisin : un pêcheur assidu.
En faisant l'avitaillement du bord, nous avons été abordé par un sarde puis son frère, nés en France, qui ont travaillé 25 ans chez Arcelor au Luxembourg puis sont retournés chez eux pour y monter une petite entreprise famiale touristique. Ils nous ont évité un voyage de 2 km en charge des provisions.
Nous avons assité à la descente de la croix du Christ pendant le sermon continu et passionné de l'évêque. Durée 3 heures ! Pour nous remettre, nous avons dîné d'un risotto aux fruits de mer.
Pour les coloristes (et l'on pense à Annick D.) la ville est à explorer.
11 avril
Ce qui, principalement, nous préoccupe : la météo. Ci-dessus la carte des vents à l'heure où ces lignes sont gravées (l'image est récupérée sur le PC et composée des cartes de navigation agrandissables jusqu'à 1600% et, en superposition, les vents récupérés sur internet). Où l'on s'aperçoit qu'à l'endroit où nous sommes (le point rouge sur la côte W de la Sardaigne) le vent souffle du SE à 5 kts, mais où nous voulions aller ce matin 11 avril (les îles au SW) à 20 kts et prévu ce soir à 30 kts, soit force 7 Beaufort !
C'est l'une des sources d'information. Par la VHF, nous accédons à la météo en Italien/Anglais. Par la radio, en ondes moyennes (MW) à France-Info (6h40), en ondes courtes (SW) à Monaco-Radio (3 fois/jour). Et les cartes dans les capitaineries des ports (sauf à cette époque en Italie).
D'autres sources sont à l'étude par le responsable du bord : capter, avec un logiciel spécial, sur la BLU (en ondes courtes), des fichiers RTY (allemand/anglais très fiables: Exemple) ainsi que des fax. Mais le moindre parasite brouille l'émission.
Nous sommes donc à Torre Grande à côté d'Oristano dans une marina dont l'entrée est envasée (restait 10 cm sous la quille). Nous avons fait la connaissance de Claudio, 25 ans, archéologue sous-marin qui nous a aimablement transporté dans sa Peugeot 107 automatique pour visiter et faire des courses (dont du vin et de la grappa région "Filo di Ferro" Fil de Fer) à Oristano.
Oristano
15 avril
Dolci Sardi (douceurs sardes) qui font partie du lot que Claudio et son ami ophtalmologiste Giuseppe ont apporté à notre bord en guise de bienvenue et d'accueil en Sardaigne. Il y a aussi : pane carasatu (pain en forme crêpes sèches), des cardes au vinaigre, du piment en saumure, de la crème de fromage, de la bottarga (poutargue ou œufs de poissons fumés) en poudre et en filet, du saucisson, du miel, de l'huile d'olive spéciale réserve et une fraîche fabrication maison, une liqueur de myrthe, une de citron, une crème de citron, une gnole aromatisée au fenouil faite maison, une bouteille de Vernaccia (blanc de 1961), une de Cannonau (rouge), le tout dans une corbeille en jonc façon nasse fabriquée par un vieil homme. Toutes spécialités sardes. Surprise et émotion.
16 avril
De Torre Grande à Portoscuso, par une journée sans vent ou presque pour parcourir les 46 Mn, mais un beau soleil, nous avons la visite pendant plusieurs heures d'un petit passereau insectivore ; après recherche dans le livre adéquat, ce passager est sarde et fauvette.
L'arrivée dans les parages du port de destination nous impressionnera par l'inattendu :

Oristano mais qui s'avèrera être plutôt agréable dans le genre petit port breton. Oristano

17-18 avril
Préparation pour la pêche au thon. Sur le quai, une équipe importante — dont une seule femme qui ne se laissera pas photographier — étale et répare les filets sous les recommandations des plus âgés. Travail impressionnant de savoir-faire et d'habileté.
C'est le privilège de ce port, préservation de la tradition, que cette pêche maintenant très règlementée faute d'appauvrissement de la matière première. Mais l'espadon, courant dans les parages, est interdit aux sardes et non aux siciliens ni tunisiens (?).
Oristano
Les filets sont installés pendant plusieurs journées, en arc de cercle, sur plusieurs kilomètres et constamment surveillés pour éviter les collisions. Environ deux semaines plus tard, ils sont ramenés en cercle, relevés et la curée se fait au harpon à partir des barques disséminées alentour.

Il reste dans la ville les bâtiments du XVIe siècle de la conserverie/salaison de thon en cours de restauration (centre culturel !).

19 avril
A Portoscuso, avant 9 heures du matin, le bus nous a trinballé à travers la campagne déchiquetée des coulures de laves anciennes, pauvre et rare d'exploitation agricole, vers Iglesias — non pas celle de Julio. Une heure de trajet avec de nombreux arrêts dans de petits bourgs aux maisons récentes en parpaings ou briques, inachevées mais qui sentaient la sérénité et la simplicité.
Cette ville de tradition minière fut riche à la fin du XIXe siècle et début du XXe comme en témoignent les nombreux sites d'exploitation rencontrés dans les collines arrides alentour et les immeubles de la cité. Rien de spectaculaire ni réellement touristique, seulement une petite ville aux passés qui se superposent sans a priori ni scrupule. Et la gentillesse toujours vive.
Iglesias.
Oristano
Oristano
Oristano
Oristano
23 avril
Teulada. Au fond du golfe qui porte son nom, ce petit port nouvellement aménagé pour la plaisance est lové au creux des collines couvertes d'arbrisseaux et de plantes plus ou moins rases en fleur. Marie-France passera plusieurs heures le nez au vent et les yeux scrutant la moindre pousse jusqu'à découvrir un iris d'espagne, miniature, dont la fleur faisait à peine 2 cm de diamètre.
Oristano
Peu de bateaux au port et très peu de passage à cette époque, et pourtant quelques heures après notre arrivée un Romanet au pavillon français attérit. Basé à Port-Camargues, ce solitaire quitte tous les ans pour deux mois sa ferme animale des Cévennes.
Le lendemain matin, un sloop de 20 m, un peu pourri accoste en provenance d'Almeria. Des américains en convoyage pour la Grèce.
Puis on est abordé par un français qui a posé son Muscadet ici depuis trois ans et sa compagne anglaise son ketch de 7,50 m.
25 avril
L'arrivée à Cagliari après une journée à longer les côtes, parfois sous voiles, parfois au moteur. Dans le golfe, nous louvoyons entre les pétroliers à l'ancre, les porte-containers et les voiliers de sortie.
Nous serons logés au fin fond de l'immense port de cette grande ville, capitale de la Sardaigne.
Cagliari
Déambulation de plusieurs heures dans la ville, son amphithéatre romain, le castello, la duomo, ses magasins, son point-internet et surtout son cimetière monumental.
Cagliari
29 avril
Ces quelques jours passés dans cette marina nous ont suffi. La météo nous SEMBLE propice à la traversée vers la Tunisie. Lever 5h45 et départ à 6h sous un ciel gris. Dès l'établissement de la grand voile, on prend un ris et on marche au près serré (vent presque de face). Le vent forcit à 16-17 kts et nous dévie de notre route. 15h30, il monte encore donc 2e ris et trinquette. « Ca se couvre et la mer gonfle. MarieF pas bien. Pas confort, ça tape. 16h10 : après colloque, demi-tour, cap au 353°. 0h30, amarrés au quai après des pointes à 7 kts sous foc et GV deux ris. La pluie continuelle, l'entrée dans l'immense port de commerce et demi-tour pour le bon port avec les lumières à contre-jour. »*
Espadon * Extraits du Journal de bord.
Le lendemain lundi, nettoyage du bateau et bricolage, dépités par le beau temps.
CagliariCagliari
1er mai
Le 1er mai, à Cagliari, est la Sant' Efisio fête traditionnelle qui commémore la fin de l'épidémie de peste de 1656. La statue du saint est portée dans la ville avant d'être emportée jusqu'à Nora dans une voiture tirée par des bœufs. Les fidèles jettent sur son passage des pétales de fleurs. En fin d'après-midi, nous sommes allés contempler les costumes folkloriques et écouter la musique traditionnelle (flûte à trois becs et accordéon) puis un concert d'orgue en l'église Santo Sepolcro.
Cagliari
4 mai
Enfin la météo nous paraît propice à cette petite traversée : vent de WNW annoncé force 4 à 5, mer peu agitée à agitée. Sur les recommandations du Sirius en provenace de Tunisie — Patrick architecte et Jacques artiste peintre — nous établissons la GV et le foc par une matin clair en direction de Sidi Bou Saïd et non Bizerte. Après 28 h de mer, des rencontres inquiétantes sur le rail de Tunis, nous arrivons sur les côtes africaines en début de matinée. Une bonne moyenne à près de 6 kts quai à quai, aussitôt accueillis par notre voisin, M. Bey, qui nous offre l'apéritif au club privé de voile : après les longues formalités de polices et de douanes, le muscat sec accompagné de seiches grillées et de baguette fraîche trempée dans l'huile pimentée, nous nous octroyons une longue sieste réparatrice.
Nous sommes réveillés par l'appel du muezzin à la prière.
Le lendemain, nous grimpons les marches sur 100 m de dénivelé et découvrons les maisons blanches et bleues du village, finalement très touristique. Boulangerie bien française avec pains au chocolat et marché typique : premières pêches et premier melon.
Sidi Bou SaïdSidi Bou Saïd
Nous attendons le bon vouloir de Mustafa, seul agent agréé de Tunisie, pour la révision des 180 h du moteur Volvo Penta encore sous garantie avant la descente sur Monastir où il faut que je réalise le livre pour les éditions de La Villette.

Nous ferons plus ample connaissance avec le descendant du dernier Bey (Prince) de Tunis qui nous invitera dans sa villa de Gemarte à un apéritif suivit d'un repas de plats locaux avec sa femme et trois de ses amis. Discussion politique France-Tunisie et élections. Dans la journée, nous étions allé à Tunis dans la plus grande librairie — qui contient moins de livres que la plus petite de Saumur —, suivit d'une visite à la Médina où nous nous sommes fait alpager et arnaquer par un "guide" collant et un peu violent.
TunisL'aller en train type banlieue nous a permis de prendre conscience de l'étendue de la capitale et de son urbanisme avec peu d'immeubles de plus de quatre niveaux.
Les négociations avec le capitaine du port par l'entremise de M. Bey nous vaudront un changement de place moins confortable. Mais, pendant le tranfert un homme appelle MarieF en gesticulant. De passage à Tunis pour ses affaires, Thierry de Fréminville accompagné d'un toxicologue français et d'un biologiste tunisien à tenu à faire un tour à Sidi au cas où un bateau vert serait présent. Nouvelle rencontre et nouveau dîner en villa tunisienne suivi le lendemain d'une boîte de patisseries, poutargue et vins locaux... et de confidences sur le régime politique du pays.
Cette première semaine en Tunisie nous aura dérouté par ses contrastes : les gens, les lieus, les lumières, la beauté, la crasse, la lenteur, la surveillance policière, la pompe à fric touristique, la douceur, la gentillesse...
13 mai
Sidi Daoud. Au mouillage à quelques dizaines de mètres de la mosquée de ce petit village de pêcheurs. Nous avons fait la route depuis Sidi Bou Saïd en tirant des bord le long des côtes de la péninsule pour admirer le paysage cultivé de céréales, de vigne et d'oliviers. Il fait un temps doux avec ciel clair et légère brise.
Avant le mouillage, nous étions entrés dans le port de Sidi Daoud par un chenal étroit. Un tour entre les deux quais pleins de bateaux de pêches bord à bord, un essai d'apontage infructueux avec quelques égratignures sur la coque et sortie.
Une demi-heure après avoir installé l'ancre, un Zodiac avec deux militaires nous aborde. Papiers, parlote et téléphone aux supérieurs pour éviter le retour au port non éclairé de nuit.
A 7 heures du matin, l'ancre est remontée. « On entend le houp-houp d'une huppe faciée » (Journal de bord), une barque passe à la rame, peu de vent, direction le cap Bon.
Cap Bon
Après avoir prévenu les autorités portuaires par VHF et 10 heures de mer nous entrons dans le grand port de pêche de Kelibia par 10 nœuds de vent. Surprise.
14 mai
Kelibia. Un petit quai central pour les plaisanciers qui se mettent à couple (c'est-à-dire les uns à côté des autres) et tout le pourtour empli de bateaux de pêches serrés les uns contre les autres, depuis les chalutiers de 25 m jusqu'à la barque à rames de 3 m, tous et toutes peints de couleurs vives et toujours au prénom de la femme du patron, dessiné bilingue franco-arabe. Une grande halle au toit de béton ondulé pour le déchargement et une autre pour la criée. Ca sent fort la sardine, ça siffle, ça parle fort, ça crache de la fumée noire, ça ronronne de lourds moteurs.
Nous serons placés en troisième position, bord d'Australiens eux-même bord d'un Anglais sur un vieux sardinier ; un bateau allemand viendra sur notre babord. Passage obligé sur les ponts pour accéder au quai.

Nous faisons d'abord connaissance de Michel et Pierre originaires de Vendée qui convoient un Océanis à Monastir depuis les Sables-d'Olonnes ; autant Michel est calme et posé, autant Pierre est volubile et connait toujours quelqu'un ; invités par un pêcheur nous goûterons avec eux des sardines fraîches grillées. Remplacera les Allemands à notre couple un marin-pêcheur, Claude, et sa femme, Simone, de Quiberon avec qui nous ferons route jusqu'à Monastir.
Kelibia
Deux kilomètres à pied ou en taxi pour les courses et les connexions internet sur la grand rue bordée de maisons blanches et du lycée laïc de 3 000 élèves chahuteurs.
18 mai
Vendredi 18 mai en début d'après-midi, on quitte Kelibia par 15 kts de vent dans le port. Au début, trinquette seule à 6-7 nœuds par force 5-6 ; puis un bout de génois pour finir trinquette plus génois entier, le vent ayant molli. Pointes à 8 nœuds !
Arrivée dans le minuscule port de Beni Khiar (prononcer béni riar) où nous serons, avec Claude et Simone, les seuls voiliers.
Beni Khiar
Papiers (une fiche au nom de ChampFleury nous attendait), une bouteille de rouge pour le gardien et toutes les rallonges déployées pour le branchement électrique.
19 mai
Le lendemain, la journée fut magnifique : ciel dégagé, mer plate et "petite brise" au portant qui nous poussait à 4-5 nœuds toutes voiles dehors. Les trios de Beethoven pour piano dans le carré et dans le cockpit.
Le premier accueil à Monastir sera les dauphins jouant autour du bateau vert. A quai à côté du Fair Lady à l'apéritif au champagne qui nous précède depuis Sidi Bou Saïd. On retrouve Michel et Pierre.

La marina est immense, la ville dédiée au tourisme et à Bourguiba.


Monastir. Pour aller à la ville ou à la médina, nous passons devant le ribat restauré. Cette forteresse ou résidaient lettrés et combattants de la foi offrait au pélerin un gîte d'étape entre Tanger et Alexandrie. Celui-ci était le seul à accueillir les femmes lettrées enseignantes ou étudiantes.

Nous espérons avoir le temps et les moyens de visiter la ville et ses alentours dont Kairouan et sa mosquée.

Anatomie de projets urbains. Format 170x210 mm à la française, 336 pages, 650 000 signes, 100 images dont 50 en quadri, impression cinq couleurs sur Artic 115 g, broché, dos carré-cousu-collé.
Aux écrans à 6 h et jusqu'à 13 h, déjeuner et sieste, puis reprise de l'activité de 17 h à minuit sans oublier l'apéro et le dîner.
Mise en compo, montage, PDF générés pour contrôle par le client (Marc Bédarida, Éditions de la Villette, Paris), corrections de mise en page, photogravure, insertion des corrections texte et gravure sur cédés pour impression. Expédition.
La banalité de l'activité du graphiste délocalisé. Et pendant ce temps :
Beni Khiar
30 mai
Kairouan. Nous partirons de Monastir à 8 h du matin en taxi collectif avec Annick et Denis nos voisins de ponton. À 9 personnes dans la Citroën, 80 km de route défoncée à travers la campagne ou domine la culture de diverses céréales, gamme de beige plus ou vert sur ciel bleu. Trois vaches gardées par une femme couverte de tissus superposés, étagés dans les rouges. Les villages et abords des villes mélangent les constructions finiolées et à finir, briques séchées ou cuites, béton et ferrailles. Les décharges sont éparpillées, les sacs en plastique s'agrippent aux pierres et cactus. Ca sent le gas-oil, la poussière et la fleur d'oranger, ca chante en arabe, en états-unien ou en français.

Beni Khiar
Déambulation dans la ville pour rejoindre le bus collectif qui doit nous reconduire en notre sweet home. En surcharge d'une dizaine de voyageurs, le moteur ronfle et chauffe pour tenir les 90 à 120 km/h sur la route creusée d'embûches. MarieF se trouve encore une garde d'enfants, Pierre est assis sur le moteur à l'arrière les fesses en cuisson, Denis palpite à chaque dépassement de semi-remorque et Annick essaie de voir la route entre les carrures des passagers debout. Les bébés dorment, les hommes palabrent et les "djeun's" téléphonent.
13 juin
Désolés. Un mois sans poser une image sur le site est inadmissible. D'accord. Plein d'activités comme le livre qui s'est prolongé en finitions, la course à l'Internet (pour le client et l'hospitalisation de papa), l'organisation des mois d'été avec les futurs passagers, la tourista de Marif pour ses 55 ans, les trajets-navigations à organiser et à faire, les rendez-vous de pontons (pots et repas), les rencontres, le sirocco, etc., etc.
Et on a aussi choisi ce mode de vie pour contempler, parfois sans photos.

Bref. L'expérience des courses en vélo et l'opportunité font qu'un coffre arrière s'est encombré d'une occasion d'un pliant.
Beni Khiar

Ce marché quotidien — excepté le lundi — est un musée, impressionnant des cris des vendeurs, des couleurs, du mélange des odeurs (suffocantes pour un découvreur). C'est le centre d'approvisionnement de la ville. Il est couvert. Le centre est dédié aux poissons (sardines, thons, roussettes, mérous énormes, espadons, rougets, crevettes, etc.). Tout autour, les légumes frais, fruits et viandes et, à la périphérie extérieure, légumes secs, épices, épicerie et pains.

Beni Khiar
20 juin
A quelques heures de navigation au sud de Monastir, Mahdia et l'odeur des sardines nous embaume. Petit ponton devant la police des frontières où nous sommes accueillis pour examen des papiers ! Seuls quelques heures puis un voilier “Amel” français arrive, encore des retraités. Visite de la ville renommée pour ses soieries, qui ne sont malheureusement plus que du synthétique, sauf pour quelques broderies de mariage ou... de sépulture. Plein de petits ateliers artisanaux avec métiers à tisser rustiques ouverts sur les rues et le plaisir à discuter avec eux. Beni Khiar
Grand marché coloré dans les rues bordant le port de pêche. La ville nouvelle n'a aucun intérêt architectural, par contre la médina a gardé la simplicité des maisons basses à terrasses et intérieurs en carrelages décorés ; chacune comporte un jardinet. Puis la forteresse et le cimetière marin.
Beni Khiar
Nous quitterons cette ville avec regret.
23 juin
De Mahdia à Pantelleria, une île italienne au sud-ouest de la Sicile, nous naviguerons 24 heures avec des sautes d'humeur du vent. On plantera l'ancre dans l'avant-port à côté d'un voilier états-unien. On s'est couché tôt mais réveillé à 5 h du matin par un vent très chaud et sec qui montait en puissance. Le sirocco. Rangement à l'arraché du taud, vérification de la tenue de l'ancre. Des voiliers et des chalutiers rentrent au port se réfugier.
Beni Khiar
26 juin
De Pantelleria à Sciacca. C'est notre premier contact avec la Sicile. Notre voisin de ponton, Monsieur Roberto, nous offre un café de son bord aussitôt la pendille mise à poste. Cette marina planquée à l'ouest du port important surtout dédié à la pêche nous surprend par son prix, mais nous ne sommes pas au bout de nos désagréements.


Beni Khiar

Un couple de français, Florence et Jean-Bernard, viendra s'ammarer quelques heures après nous avec lequel nous partagerons quelques moments.

La porte sépare nettement la ville moderne de la traditionnelle aux rues étroites encombrée de piétons, deux-roues et voitures ou livreurs. Le contraste visuel est important d'avec la Tunisie : le relief, les cloches, la pierre, un peu de stress, etc.
Beni Khiar
L'ambiance est agréablement animée d'autant plus que nous tombons le jour de la fête des pêcheurs. Nous assisterons au spectacle de chants et danses traditionnels par des jeunes, surpris par la qualité et leur enthousiasme.
30 juin
Mais il faut se dépêcher de rejoindre Syracuse où nous devons être le 8 juillet. Nous quitterons Sciacca dans l'après-midi du vendredi 29 juin pour mouiller le soir derrière le Capo Bianco par temps calme.
Nous rejoindrons Licata après avoir essayé de mouiller par fort vent. Dans l'immense avant-port de Licata, nous poserons l'ancre aux côtés de deux Espagnols, un Anglais et un Français.
Le lendemain, on se fait emmerder par de petites vedettes italiennes puis par un gamin qui tourne autour des bateaux en annexe en faisant rugir son moteur. Pour le calmer : expédition d'un citron pourri qui le rate de peu !

3 juillet
La pointe sud-est de la Sicile que nous passons dans la journée du 5 juillet.
Partis à 7 h du matin, sans vent, seul sur les ondes, nous remontons la côte est par un vent irrégulier.
5 juillet
Contrairement à l'image ci-dessus (©Cédric), l'arrivée dans la passe d'entrée de Syracuse se fait par mer forte (creux de 2 m) et vent en rafales passant de 3 à 12 Kts. À 21 h, nous plantons l'ancre dans la grande baie, au nord-ouest, parmi une dizaine de bateaux de toutes nationalité.

La baie immense fut le siège de la destruction de la flotte athénienne par les romains en 450 av. J.-C. Le site est étonnant de beauté et de calme... si ce n'est, le soir, la musique néoétats-unienne récurante et sans âme.

Petite visite de Syracuse, surtout la ville ancienne sur la presqu'île d'Ortigia.

Syracuse
Panoramique
5 juillet
Le mardi suivant, très tôt le matin, départ par vent faible. À mi-journée, le vent monte pour atteindre 20-25 kts, heureusement au portant, à l'entrée du port de Pozzallo. On cherche à mouiller devant la plage mais on aperçoit des mâts dans un coin du port de pêche qui fait suite au port de commerce immense. Amarrage difficile par ce vent fort aux pontons flottants en mauvais état.
Nous ferons l'avitaillement dans la ville à l'urbanisme mussolinien et habitée quasi exclusivement de personnes âgées. Bonne friture de rougets.
du 13 au 29 juillet
Dans cette grande baie, commence le ballet de nos proches qui vont partager quelques moments de notre quotidien. Chacun apportera sa bonne humeur, des cadeaux et des objets demandés.
Cédric accompagné de Loona et Tess, nos petites-filles, embarquent le 13 juillet. Ce sera pour eux la première fois qu'ils navigueront et habiteront sur un bateau. Pour éviter trop d'heures de navigation souvent pénibles pour les enfants, nous descendrons au sud par toutes petites étapes jusqu'à Marzamemi, de mouillage en mouillage.

Marzamemi
Le grand beau temps jusqu'à très chaud a favorisé le baignade... et aussi la prolifération des coquillages sur la coque que Cédric a longuement grattée en plongée. Vraiment beaucoup de baignades et une belle promenade sur les crêtes sauvages surtout pour Marie-F. Apprentissage des termes marins ; le pilote automatique devient "monsieur Pipi" et la trinquette "Colette". Personne n'a été malade des mouvements du bateau qui fut assez spacieux pour nous cinq.

Cédric&les filles
du 1er au 13 août
Le deuxième "charter" familial embarque aussi à Syracuse le mardi 31 juillet, composé de Chloé et son mari Bruno. Dès le jeudi, nous montons vers le nord. Bruno pensait qu'on aurait le temps en dix jours de passer le détroit de Messine pour parcourir les îles Éoliennes et mouiller au pied du Stromboli.
Pendant une navigation, nous dégusterons le pâté d'«animal aux grandes oreilles» fait par Chloé : un régal pour nos papilles privées depuis un an.
On remontera jusqu'à Taormina.
Beni Khiar
Bruno prendra souvent la barre pour son plaisir, même par vent assez fort ; Chloé tiendra parfois sa peur et ses boyaux. Mais les deux belles-sœurs en profiteront pour papoter des heures. Le temps moins clément et l'eau plus fraîche freineront les baignades (cependant, Bruno s'initiera aux palmes, masque et tuba) mais engagerons à la visite et aux longues marches. On se goinfre de pâtisseries à la pâte d'amandes, de calamars, d'espadon, saucisses fraîches et légumes de saisons.
Retour à Syracuse pour visite.
Beni Khiar
du 15 au 20 août
Bruno et Chloé sont repartis pour l'Anjou. Nous devons maintenant rejoindre la Grèce pour y accueillir les équipes suivantes. Le 15 août à 9h40, l'ancre est relevée de la vase syracusienne pour parcourir les 270 mn qui nous séparent des premières îles ioniennes. Ciel clair mais vent faible souvent ce qui oblige l'utilisation du moteur. On va doucement, tellement qu'il nous faudra presque quatre jours ponctués par deux petits événements.
Passagers
On arrivera à Argostoli sur l'île de Céphalonie en fin de journée ayant bien épuisé le gasoil.
Le lendemain, Marie-F tient à présenter les papiers aux gardes-côtes. Bagarre verbale pendant plus d'une heure sur le prix (52 euros) et le document à faire remplir dans chaque port où l'on passe, incompatible avec les lois européennes sur la libre circulation des biens des idées et des personnes.
Ce document ne sera jamais complété durant notre séjour et nous ne nous présenterons jamais aux postes des gardes-côtes lors de leur demande.
Notre séjour commence mal.

En fin de mâtinée, nous partons pour rejoindre Patras, notre base pour quelques semaines, où arrivent Léa et Cédric. La marina est puante d'égouts — comme prévu — et l'accueil distant.
du 21 au 28 août
Les deux enfants embarquent le soir de notre arrivée. Dîner, retrouvailles et une journée pour l'avitaillement dans Patras. Le jour suivant, navigation vers l'ouest et mouillage à Ormos Oxia devant des marais : plein de libellules sur le pont. Tranquillement, le lendemain matin, petit trajet pour rejoindre la magnifique baie de Petalas.
Petalas
Ensuite, on monte au nord pour mouiller dans la baie de Port Marathia avec, au fond, un camp de gens du voyage installés confortablement sur le sable. Baignades, pêche et farniente sous la chaleur.
Puis, pour des provisions, on va faire un tour à Astakos où Léa se fait draguer par Nikos, jeune patron d'un bar, qui nous offre force alcools locaux. Tout à coup le vent se lève accompagné d'une forte chaleur. On rejoint le bateau vite fait et on lève l'ancre avec, derrière nous, une épaisse fumée provenant de derrière les collines. Le feu.
Retour à Petalas et longue soirée à discuter entre générations.

Et retour à Patras. Cédric doit repartir après ces huit jours ; il sera remplacé par Fanny, une amie de Léa.
du 28 août au 3 septembre
Avec les deux jeunes filles, on naviguera vers l'est pour mouiller devant le petit port de Navpaktos (ou Lépante).
Navpaktos
Baignade impossible à cause des nombreuses et énormes méduses comme celles déjà vues à Petalas.
Navpaktos
Un peu plus loin à l'est, on essaie de mouiller entre deux petites îles.
Cimetiere
Échec à cause du vent trop fort. Donc, quelques miles encore pour mouiller dans la baie de Skala Kallithéa ou Agio Nikolaos, bien à l'abri. Et on est seuls.

À terre, on rencontre Dimitri, un grec en retraite, qui a vécu 35 ans en France. Il hurle sur ses compatriotes : dépôts de déchets dans la nature, paresse et xénophobie. Il nous emmène en voiture dans une petite ville de montagne pour l'achat de laitages fermiers délicieux. Et, pour parler encore bouffe, les filles nous offrent un gouleyant repas grec à la taverna.

Retour à Patras en passant sous le pont. À la voile, s'il vous plaît.
du 4 au 14 septembre
Septembre. L'été nous fait sentir son déclin lorsque le soleil baisse. Pascale et Jean-François arrivent à bord chargés de cadeaux dont une paire de panneaux solaires près à l'emploi qui s'avèreront d'une utilité fantastique. Ensemble, nous visiterons Olympie. Dévasté tant par les siècles (ruines) que par les incendies récents qui ont ravagés les forêts alentour. Très intéressant mais pas de photos (il a oublié l'outil).
Après quelques heures de mer, au nord de la baie de Patras, on se met à quai dans la marina de Missalonghi non terminée et déjà en décrépitude : la bite d'amarrage casse et Pascale manque de la recevoir dans la figure.
Misalonghi
Misalonghi. Le lendemain, en mer nous subirons un bel orage. Le soir, à l'ancre à nouveau au pied de la grotte de Petalas.
Plusieurs jours à bouger de mouillage en mouillage et de port en petits ports : Kastos et son unique quai pour sept bateaux à cul, Port Vathi pour les courses, Port Leone et son village abandonné, l'îlot Thilía inhabité sauf par les chèvres, les arbres et les herbes (origan), Fiskardho archi plein — tourisme à mort — et le plein d'eau, payant.
Misalonghi

On posera l'ancre au sud d'Ithaque deux belles journées (et trois nuits) devant cette petite plage qui aurait été celle du débarquement d'Ulysse après son long périple au retour de Troie. C'est mignon tout plein, ça a un air calme et sauvage... mais c'est abimé par les détritus.
Ithaque. On fera une longue promenade en grimpant le long du torrent (Marie-F y fera une récolte abondante de sauge). En haut, un plateau où subsistent encore quelques maisons plus ou moins en ruine ou parfois habitées et de belles vues plongeantes.
Ithaque
Lors de cette marche et d'une autre réservée aux hommes — à travers les buissons et l'escalade des rochers —, on admirera des oliviers probablement plus que centenaires. Superbes.
Ithaque

Baignades quotidiennes, contemplation et farniente parfois dérangées par d'autres bateaux venus mouiller trop près au risque de se toucher.
du 14 au 18 septembre
D'Ithaque à Killini au moteur excepté les tous derniers milles. Pascale et Jean-François rejoindront en taxi Athènes pour leur avion vers Antibes. Après ces deux mois passés en compagnie, nous nous retrouverons solitaires et quelques jours nous serons nécessaires pour nous recaler.
Ce port est un lieu de transit et les ferries font d'incessantes rotations. L'eau et l'électricité sont gratuits mais l'endroit un peu glauque.
Killini
20 septembre
Vers le sud le long des côtes du Péloponèse, en deux étapes on s'amarre au quai de Kiparissia non sans avoir pêché.
Kiparissia.
Au pied de monts souvent arrosés de pluie, la ville est moderne, récente, balnéaire mais peu d'étrangers la fréquente encore ; beaucoup de commerces, même parfois chics, mais peu d'acheteurs. Le port en cours d'aménagement n'offre aucune facilité : ni eau, ni électricité mais quelques rats. La population est plutôt distante mais sans animosité ; on doit cependant citer Stavros et son cybercafé S-c@pe pour son extrême gentillesse et serviabilité.
On est monté jusqu'à la vieille ville et son château mi-byzantin mi-franc perché sur un pic. Les jardins sont verdoyants, pleins d'agrumes, de fleurs et d'arbres dont une sorte de mimosa aux grosses fleurs violacées et des oliviers aux gros fruits.
Kiparissia

Ballade aussi le long de la côte rocheuse entrecoupée de petites plages, bordée de tamaris, de douches pour baigneurs et de détritus. Grandes oliveraies plus ou moins anciennes ponctuées par des villas récentes avec piscine.
23 septembre
Une belle journée de navigation traditionnelle (avec et sans vent) pour arriver à l'entrée de la passe de la baie de Pylos. On remonte avec une petite brise à son nord pour mouiller devant la grande lagune où hiverne nombre d'oiseaux.
Pylos.
Cette baie est superbe, moins grande que celle de Syracuse mais montagneuse sur tous les côtés avec un îlot en son centre où une stèle fut élévée en commémoration de la bataille de Navarin (les flottes britanniques, françaises et russes ont défaitent celle des turques, égyptiennes et tunisiennes d'Ibrahim Pacha en 1827). 53 bateaux coulés.
Un tour à la ville en annexe et retour par 10-12 kts de vent qui nous fait surfer. En prévision d'un coup de vent, on va s'amarrer au quai de la ville.
Pylos
Des odeurs pestilentielles d'égoûts juste au cul du bateau nous obligent à nous enfermer malgré la chaleur. On sera sommé de dégager le lendemain, ainsi que les trois autres bateaux, pour attérrissage éventuel d'un hélicoptère officiel lors du feu qui sévit juste à l'orée de la ville.

Dans la "marina" non terminée et laissée à l'abandon (ni eau, ni électricité), on amarre ChampFleury à couple d'une barge.

On fera des ballades au-dessus de la ville et on verra, entre autre, les restes d'un aqueduc qui devait alimenter la ville et le château, les collines couvertes de végétation rase, les maisons en béton avec petit jardin, les treilles couvertes de raisins non récolté, quelques dégats du feu, etc.

Un beau séjour enchanteur et le désir d'y revenir.


Il fait beau, il fait chaud et ça sent le sable chaud, donc on se baigne. Mais pas uniquement pour le plaisir. Il faut aussi gratter la coque qui, de plus en plus, sert de logement et de véhicule aux nombreux coquillages et autres mollusques qui y logent. Va falloir pas tarder à caréner sinon on ne pourra plus avancer et le bateau va être attiré au fond ou bloqué sur un amas de sédiments. Ça ferait une belle épave !
1er octobre
De Pylos à Méthoni, petite navigation sur une bonne houle et par un vent portant de 11-16 kts. On a été suivi par un bateau en acier hollandais, Horizon, beige et vert, déjà rencontré à Kiparissia et, nous ont-ils dit, à Monastir. Lui, Raoul, est un ancien flic de filature ; c'est Jacqueline le marin ; ils n'ont nullement envie de retourner dans leur pays.
On
mouille à l'abri de la presqu'île sur laquelle on aperçoit les restes de la citadelle et, à la pointe (à droite sur la photo), la remarquable tour carré turque.


La petite ville est un peu désuette, mais le site est très agréable avec son petit port, sa grande plage et son arrière plan de collines cultivées. Peu de monde à cette époque.

Très longue visite de la forteresse construite par les vénitiens au XVIe siècle après leur victoire sur les turcs à Lépante (Navpactos), reprise par les turcs, puis par les vénitiens, etc., etc.

Pylos.
du 3 au 10 octobre
Kalamata, sa position dans le fond d'un golfe au pied de montagnes, son grand port de commerce sans grande activité, ses immeubles neufs reconstruits après le tremblement de terre de 1968 et sa marina pour hivernage de beaucoup d'anglais ainsi que sa connexion internet/wifi "Manu" gratuite accessible depuis le pont du bateau.
Contact avec les autorités dont un garde-côte avec qui nous avons quelques mots au sujet de liberté de circulation.
Le bateau est sortie de l'eau en début d'après-midi le jeudi 4 octobre avec le travel-lift (l'engin à gauche) ; les pataras frottent un peu sur la traverse supérieure.
Beni Khiar

Finalement, l'opération nous a coûté assez cher et tout en cash (notre carte Visa ne marche pas, soit disant !). Mais surtout, le manque total d'amabilité du personnel — excepté le gruteur — et des grecs en général (devenus xénophobes disent certains) ne nous invite pas à revenir et à conseiller cet endroit peu sympathique.
12 octobre
Nous quittons Kalamata sous un ciel bien couvert avec un peu de tonnerre et des éclairs accompagnés de pluie éparse mais ça s'arrangera plus tard avec du vent.
Pour la nuit, on s'arrête à Porto Kayo, une petite baie bien fermée prise dans le creux des montagnes avec, au nord, des bâtiments anciens dont un monastère restauré. Très très peu d'habitants (probablement guère plus d'une vingtaine). Nous ne serons que deux voiliers.
Dès le lendemain, tôt, navigation pour remonter la côte est du Péloponèse. On aperçoit un baleineau (5 à 6 m) dans la matinée qui faisait un somme et s'est écarté doucement de notre route.
Au cap Maléas, nous devons faire très attention aux multiples navires, cargos et ferries, qui empruntent ce passage entre Cythère et le continent.
Un ermitage complètement paumé et accessible que par des chemins muletiers est bien visible avec ses petites maisons blanches, toujours occupé par des moines qui contemple les bateaux dans ce couloir souvent tourmenté.
13 octobre
En arrivant du cap Maléas réputé pour sa difficulté (on a eu 11 à 17 kts alors que rien avant), le 12 octobre, la vision de ville de Monemvasia encastrée dans ses remparts est magique. Mais le port a été délabré par les tempêtes successives dont une à force 11 ! Et rien n'est réparé.
En prévisions de vent fort, nous nous sommes installé au ponton en béton, face au gardes-côtes sauveteurs.
Nous ferons connaissance d'un couple âgés d'allemands sur leur vieux petit voilier Kobold : Ann et Yochren de Berlin.
Une grosse journée de marche sur l'île de Monemvasia (qui signifie l'entrée unique). Les voitures restent avant les remparts.
Monemvasia
On accède à la citadelle par un escalier en zigzag aux marches irrégulières en galets de toutes grosseurs.
Monemvasia
Sainte-Sophie, la basilique.
Beni Khiar
22 octobre
De Monemvasia on rejoint, plus au nord, Porto Kheli, dernière étape sur le Péloponèse. Nous y restons quelques jours en compagnie de Kobold pour laisser passer du mauvais temps, orages et pluies. La baie très fermée est sans intérêt parce que couverte de constructions récentes liées au tourisme mais très bien protégée de tous les vents.
Le ciel plus clément nous incite à la navigation vers les Cyclades. Une demi journée pour rejoindre Idhra ; on mouillera à Mandraki faute de place au port encombré par des voiliers loués à des russes très bruyants et bourrés tous les soirs.
Le lendemain matin au lever du jour, direction Sérifos à 56 Mn. Deux après, la ligne se tend.
Porto Kheli

On arrivera la nuit tombée dans la baie de Livadhi à Serifos par un bon vent (4 Beaufort).
25-29 octobre
Serifos. L'endroit est superbe, montagneux et le village ancien, la Chora, est accroché à sa colline rocheuse. On y montera par les escaliers — une bonne grimpette — qui offre une vue panoramique à 360° et les îles alentours dont Sifnos au sud. Les maisons sont petites, blanches aux huisseries bleues et toits en terrasse ; elles sont quasiment toutes maintenant occupées par les touristes l'été dont une trentaine de familles françaises. Nous ferons connaissance de Jacques (ingénieur en structures métalliques) et sa femme nicaraguéenne... événement futur oblige.
Comme il faut rejoindre le Turquie par étape nous décidons de partir le surlendemain de notre arrivée. Marie-F au relevage de l'ancre comme d'hab.
Elle veut aider le remontage, y met la main... et se fait écraser l'annulaire droit entre la chaîne et le guideau. Hurlements. Recherche de glace et d'un conducteur pour le dispensaire. Pansement grossier et départ le soir pour Athènes en ferry sur les conseils de la doctoresse confirmée par Jean-Vincent G. Après 2h30 de trajet, une ambulance nous attend qui nous trimbale d'abord dans un service d'urgence où il y a foule mais qui ne peut rien faire. Puis une bonne demi heure sous girophare sur les grandes avenues de la capitale ; nous sommes déposés dans un hôpital très calme et boisé pour être pris en charge par une équipe soignante. Il est alors 22h00, heure française, ce vendredi 26 octobre 2007.
1er novembre
De Serifos, nous partons puisqu'il faut bien, malgré les avatars, continuer le voyage. Une petite journée de navigation pour mouiller dans une baie entre Despotikos et Andiparos. Dès le lendemain matin, sous un beau ciel clair l'ancre est relevée (cette fois par le chef). Au fil de la journée, le vent monte et le ciel se couvre. On tire des bords et on pêche un espadon (ben ouais, encore). De nuit, à 4 Mn d'Amorgos, on affale et moteur. Il nous faut deux heures avec le vent de face (35 kts) pour accéder au quai où nous attendent Laurent et Caroline avec un bon dîner ; ils repartent dès le lendemain.
Pedro et Isabel arriveront 24 heures plus tard (le Dufour 40, Issotta, juste devant nous).
Avec les deux jeunes espagnols, nous louons une petite voiture chez "Thomas" pour circuler sur l'île. Visite du monastère du XIe siècle impressionnant par sa position. Amorgos Amorgos
Ensuite, nous allons au NE, au bout de cette île montagneuse toute en longueur voir trois petits villages perchés et un petit port.

Enfin, nous descendons au SO, à l'autre bout. Dans le soir couchant, on aperçoit l'épave de l'Olympia qui a servi de décor dans le film le Grand bleu.
Un aller-retour à Naxos à bord du Small Cyclades Lines, très film en Afrique, pour faire enlever les fils du doigt.
13 novembre
De Kos, initialement on avait décidé, avec Issotta, de ralier Nisiros, mais le vent contraire et un gros grain nous poussent vers Tilos et la baie de Livadhiou que nous abordons la nuit tombée. Nous serons d'abord seulement trois bateaux à quai puis un quatrième le lendemain, après la passage du petit ferry, militaire qui vient faire de l'eau (rare, il n'a pas plu depuis 3 ans). L'histoire du grand voilier de droite est épique.
Tilos
Le Mac ne veut pas démarrer. Il ne fait pas la gueule pour autant.
Tilos
Le site de cette baie est superbe et nous invite à des balades d'autant plus que l'office touristique est encore ouvert et propose des randonnées de plusieurs kilomètres riches de découvertes de faune et flore. Un premier cheminement au NE s'avère contraste : de beaux paysages côtiers mais, à l'intérieur, une route récente saigne la vallée.
Tilos
Le lendemain, on part tôt parce que le trajet est long. Il sera surprenant et riche d'ethnologie.
Tilos
21 novembre
Le port de Tilos est inconfortable voire dangereux par mauvais temps. Nous y aurions bien passé une partie de l'hiver, mais nous profitons du vent propice pour faire voile vers l'Est et rejoignons la baie de Panormitis sur l'île de Simi, un bon abri fermé dans lequel nous ancrons. L'endroit a peu d'activité si ce n'est le monastère et ses pélérinages. L'église orthodoxe recèle des fresques superbes.
Après une nuit d'orages, Isabel et MarieF vont en minibus à la ville de Simi faire des courses ; la route est parfois encombrée de cailloux, gravats et limon descendus par les pluies des derniers jours.

Deux jours plus tard, on profite d'une accalmie pour rejoindre les côtes turques. Du vent, un bon grain...
... et du soleil aussi. Une belle navigation avant de mouiller sur la péninsule turque de Datça dans la baie de Serçe Limani (en bas à g.), bien fermée.
Tilos
Dès le lendemain, route pour Marmaris. Le vent très capricieux passe de rien à trop et du NE au NW, la mer houleuse parfois. L'entrée dans la baie de Marmaris sera fastidieuse. À quai de Yat Marina en fin d'après-midi et premier contact avec le paysage qui devrait nous servir de décor plusieurs semaines. Beaucoup de bateaux, de toutes tailles et de toutes nationalités. Accueil très aimable, papiers de douanes et installation.
1er décembre
Rose et Didier Lelièvre (dit “Animal aux grandes oreilles”) arrivent à bord le 26 novembre les bagages chargés de matériel, de livres et de bons produits de bouche bien français. Dîner régal aux saveurs de terroir.
Les premiers jours, la météo n'est pas à la navigation ; alors les dames bricolent, Lapin visite le chantier et le chef essai de remettre en route le Mac. Puis nous profitons d'une éclaircie de deux jours pour nous échapper à Serçe Limani.
TilosTilos
6 décembre
À six — Rose & Lapin, Isabel & Pedro et nous deux —, on loue une voiture pour quatre jours et on part sur les routes turques vers l'est selon un programme prédéfini : visiter quelques-uns des nombreux sites archéologiques repérés sur les guides.
La route pour Kaunos est en partie à flanc de monts boisés dominant une grande baie qui s'enfonce dans les terres. Le ciel bien couvert nous arrose abondamment en arrivant. Il tombera des “trombes” pendant deux jours.
Tilos
On dort à la Tufan Pansyion à Göcek.
Le lendemain, on file à Tlos en voiture, mais impossible d'en descendre tellement
il pleut. Photos par les fenêtres entre-ouvertes.
Tilos
On dort à Demre. Au lever, enfin du soleil pour visiter Myra tout proche.
Tilos Puis deux autres sites décevants par l'exploitation touristique. On file à Antalya à la Mavi & Ani Pansyion très sympa et pas cher. La journée suivante sera superbe sur le site étonnant de Termessos. Tilos Et on laisse les Lapins à Antalya (avion) et on rentre.
décembre à avril
Yat-Marina Marmaris. Au sud de la baie de Marmaris, sur une langue de terre qui relie une île sauvage au continent, elle fut construite à la fin des années 90 sur une ancienne lagune. 2 800 bateaux peuvent y être acceuillis dont 1 500 à terre, de 6 m de longueur à 50 m et plus, voiliers et motor-yachts.
Yat-Marina.Yat-Marina
Environ 400 bateaux hivernent ici habités, parfois avec des enfants. C'est une vrai petite ville avec tous les corps de métier pour l'entretien et les réparations, le restaurant, le bar et la cantine, la piscine et le sauna, salle de gym, le jardin d'enfants, la bibliothèque, la connexion WiFi, etc.
Une vingtaine de nationalités sont présentes, majoritairement européenne dominée par les anglais. Quelques néo-zélandais, états-uniens et canadiens et de plus rares pavillons ukrainiens, russes, etc.
La vie s'organise vite dont les aller/retour pour les courses vers Marmaris à 9 km.
Yat-Marina
Plus intimes — et plus comérages — sont les relations de ponton et les invitations entre bateaux comme pour les fêtes de fin d'année. “C'est comme chez nous” pour certains, mais d'autres apprécient moins.
Yat-Marina.Yat-Marina

L'histoire du Mac, Apple PowerBook G4.
À Tilos, le 14 novembre, le Mac ralenti de plus en plus jusqu'à ne plus vouloir démarrer. Coincé, bloqué. C'est l'outil essentiel pour monter le site, mettre en pages les livres, se connecter sur le Net, etc., etc. (le PC est réservé à la navigation exclusivement).
Après des essais infructueux de remise en route, on prend l'avis de l'informaticien de Yat-Marina : le disque dur ne tourne pas. On contacte Ménée pour qu'elle apporte chez Rose&Lapin un disque dur externe contenant l'image disque de sauvegarde. Sitôt arrivés sur le bateau, tentatives sans résultat. Le Mac part à Paris avec les Lapins et, via la soeur de Lapin, Cédric l'apporte chez le réparateur BM-Informatique. Devis. Ok. Réparation en changeant le disque dur interne.
Cédric le récupère et l'apporte chez Noël B. pour qu'il essai d'y tranférer l'image disque mais n'y arrive pas. François, qui doit venir passer quelques jours en Turquie, nous le rapporte. Malgré des essais avec l'informaticien italo-suisse Paulo et l'anglais Kevin, impossible de transférer l'image, il manque le bon disque système de démarrage.
On réussit par Skype à contacter Marc J. qui propose de nous expédier par chronopost les cédéroms adéquats. Une petite semaine plus tard, récupération du pli à Marmaris. Insertion du cédé, démarrage, transfert de l'image disque et redémarrage. Ca marche, CA MARRRCHE. On est alors le 31 janvier 2008.
Bon d'là d'machine.

Le marché de Marmaris a lieu chaque jeudi toute la journée.
Fruits et légumes et quelques étals de fromage, d'épices, miel, olives et huile d'olive, et bazar. Tous ces produits sont locaux et apportés le plus souvent par les producteurs eux-mêmes.
À l'étage, des vêtements, cuir et linge de maison ; on y trouve bien sûr des copies de grandes marques mais de moindre qualité, à des prix qui les permettent enfin à tous.
Yat-Marina

L'histoire des réparations. Le RM 1050 est un beau bateau. Agréable d'habitabilité et puissant mais probablement trop fragile pour ses performances possibles. Le notre est vieux de 15 mois, c'est le n° 50.
En novembre dernier, après 3000 milles de navigation en Méditerranée pendant lesquelles nous n'avons jamais eu plus de 7 Beaufort, on s'aperçoit, à Marmaris Turquie, du décollement du pont des cloisons sous-jacentes au niveau du rail d'écoute de GV ainsi que de celui des lattes teck du tableau arrière basculant.

Le bateau sous garantie internationale, nous expédions un mail à Fora Marine le constructeur dans lequel nous relatons
différents petits problèmes résolus et demandons la réparation de ces deux points.
Yat-Marina
Trois mois ! Trois mois il aura fallu pour que ces travaux soient faits qui ne s'étaleront que sur quatre jours comme Fora Marine l'avait dit. Alors, pourquoi avoir tant tergiversé, fait traîner, polémiqué... ? Pourquoi tant de mépris ? Pourquoi un aussi mauvais service après vente ? Affligeant.
Yat-Marina
Tout juste finis, Fora Marine nous informe qu'ils veulent faire installer, "par principe de précaution", des renforts en pied d'épontille mais ne les expédient pas en express. Ca attendra septembre.

Mais il faut sortir de ces réparations. En voiture de location, on est allé accompagner Michel de "Shelter" à l'aéroport de Dalaman. Au retour, avec Pilar son épouse, nous faisons un crochet par Mugla. Sur l'axe Izmir- Antalya, c'est une ville non-touristique, sur un plateau en altitude dans l'intérieur du pays. La bourgade d'origine s'est très agrandie depuis une vingtaine d'années et comporte maintenant de vastes zones d'immeubles de quelques niveaux et même d'universités.
Le cœur ancien est plein de charme parce qu'il a gardé son activité traditionnelle d'artisants et petits commerces (ferblantiers, matelassiers, tailleurs, cordonniers, patissiers et petits restaurants locaux).
Au détour d'une rue, les mamans échangeront des propos chacune dans leur langue (turc, espagnol et français) grâce à l'entremise des enfants qui ne s'embarassent pas des langues et conversent avec les gestes.
Yat-Marina

À cinq, on loue une voiture et cap au nord sur une route quasi déserte. Pedro qui conduit se fait arrêter par les queufs pour excès de vitesse (120 pour 85) et refuse de signer le PV pour manque de preuve. Quelques kilomètres plus loin, en pleine campagne sur un immense plateau fertile entouré de monts, parking proche du site archéologique d'Aphrodisias. Le temps couvert déverse parfois une pluie fine ryhmé par des grondements orageux. Des fûts de colonnes à la stabilité fragile s'élèvent au milieu de la prairie fleurie d'anémones sauvages rouges et de chrysanthèmes de jardin jaunes.
La journée se passe à déambuler sur ce parc de théâtre en rues, du stade à la mairie, de l'agora aux thermes, etc.
Yat-Marina
Retour à la voiture sous la pluie.
Yat-Marina
Et trajet vers Marmaris par des routes de traverse.
Yat-Marina
22 avril
Et le printemps et ses beaux jours arrivent. Ce sont les départs après le long hivernage dans cette confortable marina de la baie de Marmaris. Trop de confort ramolli et les incertitudes de la navigation font repousser à certains le moment fatidique.
Des amitiés cosmopolites se sont crées et les pots sur le ponton succèdent au anniversaires.
Yat-Marina
Nous larguerons les amarres le 22 avril au matin pour rejoindre Rhodes où nous faisons des provisions de produits de bouche introuvables — ou trop chers — en Turquie.
Anne-Marie (Fr) et Grégoire (Ch) nous aident à aponter entre deux voiliers allemands qui rechignent. Ils vivent sur leur gulet "Alwilda" de 20 m qu'ils ont restauré.
Puis nous filerons sur Simi en tirant des bords et ils nous doublerons... mais au moteur.
Yat-Marina
1er mai
L'excès de bruit, les ancres emmêlées et la promiscuité nous font lever l'ancre dès le lundi pour rejoindre la baie d'Orhaniye tout au fond de l'anse de Datça. Calme. C'est une longue crique profonde orientée nord-sud dont le cul, au sud, abrite quelques petits pontons en bois installés par des restaurants. Pilar et Michel sont là. Il fait beau, mais du vent assez fort est prévu du nord ce qui nous bloque ici quelques jours.

Nous pensons monter tranquillement vers le nord le long de la côte turque et les îles grecques proches pour accueillir à bord Pascale et Jean-François puis Cédric et ses filles en mer de Marmara
.
Nous occupons le temps en attendant des vents plus clément en bricolage (arrivée d'eau chaude de l'évier de cuisine), confiture d'oranges et ballades à terre
Orhaniye
6 mai
Tout au bout de la péninsule de Datça, Cnides. La situation exceptionnelle de ce port a permis le développement et la richesse de la ville du IVe s. av. J.-C. au VIIIe siècle.
Tilos
Le petit théâtre en bordure de la baie est un des rares vestiges dégagé avec le temple rond d'Aphrodite. Le reste est enfoui dans les herbes, mais la promenade donne bien la majesté du site.
Tilos
Praxitèle y avait sculpté une Aphrodite, premier nu féminin, d'une telle beauté que les voyageurs et les marins — pour leur porter bonheur — s'arrêtaient pour la voir. Aucune des copies romaines restantes (dont une au Louvre) ne reproduisent la grâce de l'original disent les poêtes.

Aphrodite et les habitants absents, les insectes, dont certains très élégants, occupent le terrain.
Tilos
10 mai
Depuis le sud de la baie de Bodrum, la côte est couverte de béton dont presque un tiers en construction. Des milliers et milliers de logements sous forme d'appartements dans des immeubles ou de maisons individuelles. Chaque lot est construit par répétition aligné au carré d'un même batiment. Pour les turcs ? La très grande majorité seraient des villages vacances utilisés deux mois par an par les européens du nord. À croire que cette partie de l'Europe se vide pour migrer ici. À Güllük, le bateau est à l'ancre à proximité de la ville, le petit port surchargé ne peu pas nous accueillir —, le temps de renouveler le transit-log (autorisation de circuler en bateau). Pour la nuit, nous irons en face, au pied du site de Iassus.
Güllük
14 mai
Cap plein ouest, mouillage d'une nuit au nord de Leros pour le lendemain atteindre Patmos, l'île grecque la plus religieuse. Le monastère fortifié domine et la chora (vieille ville) et le territoire émergé qui abriterait autant de chapelles que de jours de l'année.
Orage cette première nuit avec une bonne pluie qui nettoie le bateau : grand besoin. Montée à pied à la chora et son
monastère médiéval construit en 1088, dédié à saint Jean le Théologue, par les chemins à couvert. Le bâtiment est superbe : enceinte fortifié et intérieur fait d'un dédale de coursives enchevêtrées, église couverte de fresques (XVIIe s.), racontant la vie de saint Jean, les cuisines, etc., mais pas d'accès au quotidien des moines encore présents.
Patmos
Déambulation dans la ville au pied du "château".
Patmos
Une épicière qui a vécu longtemps en Australie nous parle de son île et du rocher de st Jean émergé dans le port que les Allemands ont vainement essayer d'arracher. L'endroit est assez enchanteur mais très (trop) touristique : faisant partie des circuits "culturels", des grands paquebots déversent leur flot de Japonais, Italiens, etc. pour la journée.
17 mai
Au sud de l'île de Samos, ChampFleury est amarré au quai de Pythagorion à côté de voiliers de location, allamands, néo-zélandais, anglais et autres. Un couple de français, Serge et Danie sur Syalid, nous aide à l'accostage. Comme la ville n'a pas grand intérêt (cafés-restos et hôtels sur le front de port, avions attérissants sur l'aéroport à quelques kilomètres, boutiques nombreuses, etc.), nous louons ensemble une voiture pour parcourir l'île très montagneuse mais ravagée en partie par un incendie quelques années auparavant. Il reste quelques beaux paysages de roches et de forêts et des morceaux de villages pas encore trop détruits par le tourisme et le béton.
Samos
20 mai
Sarpdere Limani
En duo avec Syalid, on navigue vers le nord. Après le chenal entre Samos et la Turquie, le bassin de Kusadasi nous réserve des vents très irréguliers en force et en direction ; même le courant nous surprend en essayant de nous plaquer sur la côte. Mais dans la petite anse au fond de la baie de Sarpdere, c'est le calme.
Tôt le matin, on est réveillé par un important troupeau de chèvres noires à longs poilsgardé par un berger en chemise bleue rutilante et casquette orange.
Sarpdere
Un essai de baignade dans l'eau à 21° nous incite plutôt à une longue ballade dans la vallée étroite, longue et rocheuse qui prolonge l'anse où nous sommes.
Sarpdere
Le soir, dîner d'un confit de canard apporté par Serge et Danie qui change radicalement des mets turcs.
22 mai
Pour rejoindre le port de Mandraki sur l'île de Oinoussa, coincée entre celle de Kos et la Turquie, navigation avec un bon vent qui nous propulse à 5-6 kts. On s'installe pour plusieurs jours au quai de ce confortable petit port, le temps de finir — ou presque — le montage d'un livre.
OinoussaOinoussa
L'île est le lieu d'anciens et actuels armateurs grecs qui la finance et l'entretiennent. Maisons et villas sont restaurées ou en cours. Un charmant musée de maquettes de cargos retrace l'histoire de certaines familles.
Des allers-retours à Kios en ferry seront nécessaire pour une bonne connexion internet nécessaire au transfert des fichiers.
On y retrouvera ou passeront des connaissances : Costa (qui chassera poissons et poulpes) et Catherine (sur Valérie), Syalid, le Choucas de Marcel (qui sait "faire travailler les femmes" en charter et dont la fille est danseuse avec Pascale, la femme de Quentin Bertoux), Horizon et la Mutine (Marie-Do et Dominique) mais aussi le passage de français si "beaufs" qu'on a honte. Nous nous sommes souvent retrouvés chez Périclès, restaurant bon marché et très accueillant donnant sur le port.
Malgré le travail, on prendra le temps de promenades notamment au récent monastère distant de cinq kilomètres.
Oinoussa
5 et 7 juin
Dans la double baie bien protégée d'Eskifoça, située à l'entrée Est du golfe d'Izmir, on plante l'ancre face à une colline couverte d'immeubles bas type HLM. La ville derrière nous est à cinq minutes en annexe pour des courses. L'endroit n'a pas grand attrait mais a son charme et sa tranquilité.
Cette tranquilité sera vite troublée par notre voisin néo-zélandais sur son bateau Malua qui se met à hurler “qu'on a pas d'expérience”, “qu'on est stupides” et qu'il va nous “couper notre chaîne” si on ne déménage pas au plus vite. On essai de le calmer mais devant ses yeux irrascibles prêts à nous faire le coup du Rainbow Warrior, on déménage à quelques encablures à côté d'Anglais qui semblent avoir subit le même sort.
À 25 miles au Nord d'Eskifoça l'ancre est posée par 3 m de fond à Bademli Limani. Deux îlots reliés par un haut fond de sable au Nord qui protège de la houle du vent dominant. Le lendemain matin, sans vent, l'eau est huileuse. On voit le fond à le toucher. Un poulpe se promène doucement et une dorade au corps bleu violacé évolue très proche du bateau. Le fond est de sable beige clair avec des coquillages, quelques cailloux, des taches d'herbe et, disséminées, des boules noires d'oursins. Nous sommes seuls.
Un petit bac transportant un tracteur et sa remorque fait l'aller et venue entre l'île la plus au large et le continent. Il apporte des feuilles de palmier et retourne avec du sable.
Sur l'île la plus proche du continent, une maison récente est habitée par un couple avec un jeune enfant. Sans électricité, ils feront tourner quelques heures un générateur le soir.
La journée se passera en lecture et contemplation du lieu. Une petite barque de pêche passera à la tombée de la nuit.
9 au 20 juin
Le chenal et la passe d'arrivée dans le bassin d'Ayvalik: c'est étroit, l'orage menace mais les bourrasques nous poussent. Installation à la marina (Setur Marina) pour finir et expédier un livre sur Paris aux éditions de La Villette.
Ayvalik
Mais parfois, on s'octroye une demi-journée de balade dans la ville.
Tilos
Nous — ce n'est pas le cas d'autres plaisanciers —, nous avons beaucoup aimé cette ville et l'amabilité des habitants jusqu'à ceux de la marina (un peu trop chère), son marché en pleine ville, etc.
Ayvalik Tilos
Le 16 juin, nous allons à Mytilène (île de Lesbos, Grèce) pour y accueillir Pascale et Jean-François. Nous reviendrons à Ayvalik, mais eux en ferry pour avoir leurs visas d'entrée. À Mytilène, à cause de la rumeur fondée de l'agressivité des douaniers grecs, nous étions dans la marina neuve, pas terminée, en compagnie du seul autre bateau, un Ovni 43, avec à bord... deux femmes. Lesbos oblige ?
20 juin
Pergame
En voiture avec Pascale et Jean-François, nous allons visiter Pargame. A 335 m d'altitude dominant sur trois côtés une grande plaine fertile, cette antique cité grecques était un lieu de passage entre la Syrie et la Macédoine. Son développement et sa richesse attira artistes et philosophes. Une bibliothèque de plus de 200 000 volumes a fait de cette cité un véritable foyer de culture qui rivalisait avec Alexandrie et Antioche.
Pergame
Inquitée par la puissance de la ville, l'Égypte lui fit un embargo sur le papyrus. Pour le remplacer, Pergame inventa le parchemin (lat. pergamen).
Le retour par une autre route, à travers les forêts de pin nous font découvrir la récolte et le sèchage à grande échelle des pignons de pin... et un arrêt dans un charmant bar en plein air.
Pergame
du 21 au 27 juin
En cette fin de juin, le meltem a commencé sa randonnée estival en soufflant du Nord vers le Sud. Et nous, on monte au N. D'Ayvalik à Bozcaada, passé la pointe Baba, le vent passe face à l'étrave. On arrivera à minuit passé sur l'île.
Tilos
Le surlendemain, on rejoint Anit Limani, crique sur la côte N de l'entrée des Dardanelles. Dès le lendemain, on tire des bords contre le vent, contre le courant et en évitant les cargos pour parcourir moins de 30 Mn pour Çanakkale. Le loch indique 5,5 kts, le GPS 1,7 ! Moteur pour aider.
Çanakkale
Au mouillage à l'entrée du petit port, on regarde passer les navires dans cet étroit passage. Jusqu'à douze se croisant. Impressionnant.
Dardanelles
Le lendemain, on part tôt (5h30). D'abord au moteur faute de vent puis, à peine entré en mer de Marmara, 20 kts qui nous oblige à tirer des bords pour passer une pointe avant de jeter l'ancre à quelques mètres du petit port de Kemer.
Kemer
Quelques heures au près le jour suivant et nous mouillons le navire à Karabiga.
du 28 juin au 4 août
Pasalimani
Les îles de Marmara se composent de trois principales dont Marmara au N, Avsar à l'O et Pasalimani au S. Notre premier mouillage sera au S de cette dernière.
Pasalimani
Nous irons ensuite poser l'ancre dans la baie de Pasalimani qui sera notre lieu de prédilection. Superbe de simplicité.
Pasalimani
La petite mosquée ancienne Pasalimani
à côté du quai du ferry.
À côté de la petite mosquée et du quai du ferry, le café en plein air.
Pasalimani
En dehors de la grande baie de Pasalimani, nous irons souvent poser l'ancre dans de petites criques proches Pasalimani
surtout pour la baignade
Pasalimani
et les jeux à bord
Pasalimani
et les promenades sauvages.
Pasalimani
Et l'orage et la pluie ne nous ont que rarement confinés à bord.
Pasalimani

Nous irons à Port Marmara sur l'île du même nom à quelques miles au nord pour que Cédric et ses filles retournent à Paris par le ferry et l'avion.
Pasalimani
Mais avant, pour racompagner Pascale et Jean-François, accueillir Cédric et visiter Istambul, nous avions laissé le bateau à Erdek.
Pasalimani

du 4 au 7 juillet
Bosphore
Nous avons laissé ChampFleury à Erdek et sommes allés à Istambul avec Jean-François et Pascale en ferry rapide. Avant qu'ils ne reprennent l'avion pour la France, nous avons visité Topkapi, les deux grandes mosquée, le souk — où ils ont fait l'acquisition de superbes tapis — et remonté le Bosphore à bord d'une navette quotidienne.
Émerveillement que cette ville tant par sa richesse historique monumentale que par la densité de population, ses contrastes de modernité et de passé, de raffinement et d'insalubrité. On est plongé dans un savant mélange d'Orient et d'Occident qui d'abord surprend pour ensuite séduire et laisser un goût de regret lors du départ.
Depuis la terrasse de l'hôtel, vue sur l'entrée sud du Bosphore. Le trafic des navires marchands que les guides présente comme dense ne nous a pas paru si intense. Ce canal naturel entre la mer Noire et celle de Marmara ressemble plus à un large fleuve aux eaux paisibles bordé de végétation et de villas qu'à une grande voie de circulation si souvent sujette à convoitise.
Bosphore
Bosphore
En construction.
Istambul
Bosphore
Encore de la terrasse de l'hôtel, la mosquée Bleue. Surprenante. Et beaucoup plus conviviale que nos cathédrales.
Mosquée Bleue
Un peu plus bas, la mosquée Mehmet Pasa, considérée comme l'une des plus belle construite en 1571.
Istambul
De celle de Soliman, nous ne verrons qu'un petit morceau pour cause de réfection.
Istambul
Le Grand Bazar est, comme son nom l'indique grand et même un immense dédale de boutiques en tout genre classées par corporation. Autour, la ville et ses annecdotes.
Istambul
En construction.

De Kos, initialement on avait décidé, avec Issotta, de ralier Nisiros, mais le vent contraire et un gros grain nous poussent vers Tilos et la baie de Livadhiou que nous abordons la nuit tombée. Nous serons d'abord seulement trois bateaux à quai puis un quatrième le lendemain, après la passage du petit ferry, militaire qui vient faire de l'eau (rare, il n'a pas plu depuis 3 ans). L'histoire du grand voilier de droite est épique.
Tilos
Le Mac ne veut pas démarrer. Il ne fait pas la gueule pour autant.
Tilos
Le site de cette baie est superbe et nous invite à des balades d'autant plus que l'office touristique est encore ouvert et propose des randonnées de plusieurs kilomètres riches de découvertes de faune et flore. Un premier cheminement au NE s'avère contraste : de beaux paysages côtiers mais, à l'intérieur, une route récente saigne la vallée.
Tilos
Le lendemain, on part tôt parce que le trajet est long. Il sera surprenant et riche d'ethnologie.
Tilos

Le vent qui souffle fort et produit un clapot bruyant dans le port est bien pratique pour secouer les puces du matin.
Le bateau à l'arrière plan, Helen, est une épave qui attend réparations après une utilisation désastreuse. Avis aux amateurs.
9 novembre
D'Amorgos à Kos, sur l'île du même nom, navigation de nuit, 80 Mn, en flotille avec Issotta et ses occupants espagnols. Très agéable avec un vent de travers ou au portant de 12 kts en moyenne.
Arrivée au matin jour à peine levé qui nous oblige à ralentir.

La ville de Kos. Totalement sans intérêt : architecture banale heureusement de faible hauteur, mais au pied de chaque bloc, que des magasins de babioles pour touristes, de bars et de boîtes ainsi, bien sûr, de restaurants rapides. Trouver une boulangerie, épicerie et boucherie très compliqué (3 km ce matin pour les courses). Bref, pas besoin d'image. C'est pour nous un refuge pour laisser passer le coup de vent et la forte pluie.

Dardanelles Pasalimani
suite
Voyage en mer Rouge
Le premier plein d'énergie... fossile.
À La Ciotat, ChampFleury parmi ses congénères.
À Antibes, liliputien parmi les monstres.
Sorties pour des essais.
Du continent vers la Corse.
A Girolata pendant le calme hivernal.
L'église orthodoxe, la catholique
et le parrain. Cargèse.
Les lumières de Propriano.
Vent arrière.
Trouver la bouche d'entrée de Bonifacio.
Orchis
corse.
Sortie de France.
Porto Torres, Sardaigne.
À l'intérieur de l'île.
Une première pour le périgourdin.
Tempête... pas de joie
à Alghero.
Un aller-retour en Corse.
Bosa, la belle toute de couleur vêtue.
La météo et nous
et Torre Grande.
Dolci Sardi.
Un passager pour Portoscuso.
Préparations pour la pêche aux thons.
Un petit tour à Iglesias.
Le printemps éclot à Teulada.
Arrivée à Cagliari.
Essai vers la Tunisie.
Festivités de la Sant' Efisio à Cagliari.
Arrivée en Tunisie à Sidi Bou Saïd.
M. Bey, Thierry de F., les tunisiens
et les "douceurs" du pays.
Mouillage à Sidi Daoud.
À Kelibia. Ça sent la sardine...
... et l'ambiance bon enfant.
Beni Khiar.
Vers Monastir.
Le ribat entre la mer et la ville.
Faut bosser, même à bord.
Kairouan :
et Madame.
La mise en page, l'internet...
et le ponton.
Le marché de Monastir.
La douceur des soies de Mahdia.
À Pantelleria, le sirocco.
Arrivée en Sicile...
... Sciacca.
Au mouillage avant Licata.
Au petit ponton branlant
de Pozzallo.
La pointe sud-est de la Sicile
en allant à...
... Syracuse.
L'entrée de la baie.
Cédric et ses filles
Tess et Loona.
Chloé et Bruno.
De Syracuse à Patras
par Céphalonie.
Avec Léa et Cédric
aux Ioniennes.
Puis avec Léa et Fanny
une de ses amies.
Pascale, Jean-François
et les panneaux solaires.
Crique Andreou au sud d'Ithaque.
Passagers et ferries à Killini.
Kiparissia, distante, en expansion mais charmante.
L'entrée de la baie de Pylos et son superbe plan d'eau.
Tout au soleil.
Mouillage au pied de la forteresse de Methoni.
Carénage à Kalamata.
L'ermitage du cap Maléas.
Monemvasia, île, ville
et forteresse.
Orages à Porto Kheli.
Accident à Sérifos.
Difficile arrivée à Amorgos.
Kos.
Merveilleuse Tilos.
Rose et Lapin
avec nous quelques jours.
Archéo à Kaunos, Tlos, Myra et
le superbe site de Termessos.
Yat-Marina Marmaris.
L'histoire du Mac.
Fruits, légumes, fromages, miel, etc. au marché.
Des réparations laborieuses.
Visite à Mugla...
... et d'Aphrodisias.
Et on repart enfin.
Dans la baie d'Orhanyie.
Au bout du bout, Cnide.
Urbanisme côtier
et papiers à Güllük.
Religion et tourisme à Patmos.
L'intérieur de Samos.
Mouillage au fond de
Sarpdere Limani.
Le confort à Oinoussa.
Charmante Ayvalik.
Travail et accueil de Pascale
et Jean-François.
Pergame haut perchée.
De Bozcaada à Karabiga,
la montée des Dardanelles
Douceur et calme de l'été à Pasalimani.
... et la suite est vécue
mais non rédigée...
Entre l'Orient et l'Occident, le Caucase et l'Afrique,
sont le Bosphore et l'historique Constantinople - Istambul.
Eskifoça
et Bademli Limani.
Derniers mouillages...
avant l'hiver à Marmaris.
le Grande mosquée,
la zaouira de Sidi Abib,
le palais du Bey,
Extraits de la
Carte générale